HE-ARC

Soins infirmiers

Christine Fernandez donne des consultations en soins infirmiers dans le cadre d’un cabinet indépendant. Elle s’est spécialisée en psychiatrie.

Mon choix professionnel

Dans ma vie, j’ai été amenée très jeune à être à l’écoute des autres. J’ai donc décidé d’entrer à l’école paramédicale. C’est là que j’ai fait une belle rencontre en la personne de mon professeur de psychologie à qui j’ai fait part de mon envie de faire de la psychologie, branche qui me passionnait, et d’entrer à l’université. Il m’a orientée vers une formation plutôt pratique afin d’acquérir une expérience clinique. Malgré les réticences de ma famille, j’ai décidé de travailler une année en hôpital psychiatrique (Préfargier) avant de commencer ma formation à L’Ecole Neuchâteloise de Soins Infirmiers en Psychiatrie (ENSIP).

Ayant obtenu mon diplôme en 1995, j’ai choisi de travailler sur le site de Préfargier et un an plus tard, on m’a proposé de prendre des responsabilités dans l’unité de soins où je travaillais, responsabilités que j’ai assumées de 1996 en 2000. En 2000, mariée, j’ai eu un enfant. Puis j’ai entrepris une formation de clinicienne. Lorsque j’arrivais presque au terme de ma formation, j’ai été mandatée pour gérer des projets dans plusieurs unités simultanément. Etant moins au contact direct avec les patients, ce qui me manquait beaucoup, j’ai accepté en 2007-2008 la proposition de ma collègue et commencé à travailler dans son cabinet comme indépendante, tout en gardant une activité à 60% à la clinique de Préfargier. En 2010, mon activité au cabinet était passée à 50-60%, j’ai fait le choix de quitter la clinique, au moins provisoirement.

Mon travail actuel

Je travaille actuellement à 80 % au cabinet et en parallèle, j’interviens ponctuellement à la Haute école Arc dans la formation en soins infirmiers. Je reprends également une activité à 20% en clinique pour gérer un nouveau projet.

Les aspects de mon métier

Face aux médecins qui doivent délivrer les mandats, face à l’AI, face aux avocats qui nous demandent notre avis concernant une garde d’enfant, une infirmière doit disposer d’outils pour argumenter. C’est une responsabilité de taille et il faut franchement avoir un bagage clinique suffisant.

Il faut aussi savoir ce qu’on fait de soi-même à côté de sa carrière professionnelle : comment on prend soin de soi et comment on prend en compte l’évolution de sa propre vie. Pour moi, la clé c’est de conserver la motivation. La formation continue est un bon moyen pour y parvenir.

Passionnée par mon job, j’avais aussi très envie d’être maman. Je n’aurais pu renoncer ni à l’un, ni à l’autre. Et ça n’est pas si évident de concilier les deux. Il y a de sacrées pressions ! J’ai essayé de privilégier la qualité des moments passés avec ma fille, plutôt que la quantité.

Réflexions et perspectives

Cela fait maintenant trois ans que je peux vraiment mettre à profit tout ce que j’ai appris des gens, des patients, des professionnels pour pouvoir aider, transmettre ! Il y a encore une chose que je tiens à réaliser dans le cadre de mon activité au cabinet, c’est de transmettre la pratique que j’ai acquise. Nous avons le projet d’accueillir des étudiants en stage dans un avenir plus ou moins proche…

 

Pamela Grossenbacher exerce son activité au sein d’un cabinet de consultations en soins infirmiers. Elle s’est spécialisée en thérapie comportementale et cognitive (TCC).

Mon choix professionnel

Ayant baigné dans le milieu des soins (père infirmier, mère aide-soignante et petits-cousins médecins) j’ai commencé, à Neuchâtel, une formation d’infirmière en ps

ychiatrie à l’ENSIP (Ecole neuchâteloise d’infirmière en psychiatrie) et obtenu mon diplôme en 1993. J’ai ensuite occupé un poste dans le canton à l’Hôpital Psychiatrique Cantonale de Perreux et fait partie « du pool d’infirmières » qui a « monté » le programme de cours et de pratique en thérapie comportementale et cognitive (TCC). En 2001, j’a dé

cidé de suivre la formation universitaire TCC à Lyon chez Jean Cottraux. Ayant acquis le titre de thérapeute en TCC,  on m’a laissé entendre que cela prenait trop de temps sur le travail de l’unité où j’exerçais à la Clinique de Préfargier. J’ai donc continué cette activité à l’extérieur de l’établissement. Début 2006, j’ai eu la chance de dénicher un appartement, au centre ville, qui se prêtait parfaitement à une pratique d’indépendante. Ne voyant pas de perspective d’instauration d’une pratique TCC pour les soignants au sein de l’institution qui m’employait, j’ai décidé, progressivement, de diminuer mon temps d’activité. Fin mai 2010, j’ai franchi le pas vers l’indépendance.

Mon travail actuel

Je me consacre à mon cabinet de consultations en soins infirmiers dans lequel je reçois des personnes qui présentent des troubles anxieux (phobies & TOC), des états dépressifs (légers à modérés) ou encore des personnes souffrant d’un manque de confiance en soi/ d’affirmation de soi. Une collègue infirmière est venue me rejoindre en 2008. L’ASI a instauré des exigeances pour toutes les infirmières-iers indépendantes-s que nous respectons avec ma collègue. En plus de cela, nous avons décidé, d’être supervisée par un psychologue pour les prise en charge que nous effectuons. Je donne aussi des cours de TCC à la HES-ARC NE dans le cadre du CAS en santé mentale et psychiatrie (formation post-grade) et j’interviens pour des ateliers pratiques dans la formation des étudiants infirmiers Bachelor.

Les aspects de mon métier

Au début, il faut créer sa clientèle, se faire connaître. Les médecins de l’institution qui m’employait ont bien joué le jeu en m’envoyant des personnes. Actuellement ce sont soit des personnes qui ont été suivies qui me recommandent auprès de leurs proches soit les médecins généralistes.

Le remboursement par les caisses-maladie est parfois laborieux : il faut veiller à la clarté de la facturation.
Il m’est arrivé, à  une seule reprise, de me sentir menacée dans mon intégrité physique et psychique lors d’une prise en charge :  j’ai décidé de mettre fin au suivi très vite et d’en avertir le médecin. Je fais également régulièrement un travail de développement personnel. En tant qu’infirmière -thérapeute, il est important pour moi de savoir se remettre en question. J’ai aussi décidé de limiter mes consultations hebdomadaires à 24 personnes, ce qui représente en moyenne 6 consultations par jour. Je m’octroie le vendredi pour ma vie privée mais aussi pour régler mon administratif.

Réflexions et perspectives

Avec du recul, je pense que j’aurais pu me mettre à mon compte depuis quelques années déjà.

Nous sommes maintenant reconnues par les médecins et par l’AI qui nous mandate, pour certaines personnes, dans le cadre du programme de réinsertion professionnelle : nous nous sentons reconnues et ça fait du bien !

 

Florence Baudoin occupe le poste de Directrice de My Private Care, une institution de soins à domicile dans le canton de Genève

Mon choix professionnel

À 28 ans je suis diplômée depuis 2007 de la Haute École de Santé de Genève, filière infirmière. Ma carrière dans les soins a débuté il y a dix ans. Je travaillais alors comme aide-hospitalière intérimaire. Tout au long de mes expériences professionnelles, je me suis au fur et à mesure aiguillée vers les soins infirmiers pour ensuite continuer mon chemin dans le management du système de santé.

Après avoir travaillé deux ans à la fin de mon diplôme comme infirmière, j’ai pris la décision de débuter un Master en administration publique à l’Institution des Hautes Études en Administration Publique (IDHEAP) en occupant en parallèle un poste de collaboratrice scientifique au sein des HUG.

Mon travail actuel

Directrice d’une institution de soins à domicile, je suis motivée par le fait de me trouver dans un travail évolutif, qui me demande de mettre mes compétences au service des bénéficiaires, des patients et en accord avec les projets de mes mandants. J’apprécie de pouvoir partager mes valeurs en équipe, de maintenir un regard critique sur le système et les prestations offertes. J’ai un idéal fort au niveau des exigences de soins qu’un tel système de santé genevois devrait offrir et l’énergie, la volonté de construire des projets qui vont dans ce sens.

Aspects du métier

Si les connaissances professionnelles sont essentielles de façon à pouvoir les mobiliser de manière adaptée aux situations qui surgissent, il importe également de compter sur ses compétences personnelles et sociales. Être capable de comprendre comment fonctionne les membres de l’équipe, ce qu’ils attendent de vous et comment vous pouvez prendre votre place représente autant d’aspects primordiaux du métier. C’est important de repérer dans quels paradigmes des soins on se situe. Il faut aussi développer une curiosité que je nomme « méta ». Il faut avoir l’envie de comprendre le fonctionnement général de l’institution dans laquelle on travaille.

Réflexions et perspectives

Je suis pleinement satisfaite de mon orientation. J’ai eu la possibilité de soigner des personnes avec des histoires de santé fort diversifiées et de collaborer avec de multiples professionnel-le-s. Cela m’a obligée à savoir organiser les soins de manière efficiente avec la participation d’autres métiers de la santé. Je le vois comme un entrainement à prendre en compte plusieurs points de vue et à maintenir une ouverture d’esprit. Le principal défi qui nous attend, c’est encore et toujours l’interdisciplinarité !  Je suis convaincue que les soins infirmiers sont le ciment indispensable de toute activité soignante et c’est là que j’ai envie d’être présente et active.

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